Ce que c’est et comment s’en servir

Murro est pour toi si tu vis avec un trouble bipolaire ou un trouble de la personnalité borderline (TPB). L’appli est faite exactement pour ces deux-là — pour les épisodes, pour le traitement, pour cette mémoire qui lâche précisément quand tu en as le plus besoin. Il n’y a rien à savoir faire « comme il faut ». Viens juste comme tu es. S’il n’y a pas de diagnostic mais que l’humeur tangue, viens aussi, personne ne te met dehors. Sache juste que c’est fait pour ces deux-là.

Quand l’humeur tangue, on perd vite pied. Cette appli, c’est une ancre simple, pour tous les jours. Deux ou trois minutes par jour : noter le sommeil, les repas, l’humeur. Avec le temps, ces petits points laissent voir ce qui se répète — pour toi, et pour ton médecin.

L’essentiel : ce n’est pas un médecin, et ça ne remplace pas un traitement. C’est une aide à côté de ton psychiatre ou de ton psychothérapeute, pas à leur place.

Comment s’en servir — partie par partie

Journal (accueil)

Le cœur de l’appli. C’est ici que tu notes le sommeil, l’humeur, les repas, les petites choses faites dans la journée et un score pour la journée dans son ensemble. Pas besoin de tout remplir. Même un seul point, c’est déjà bien.

Repas

Coche ce qui a été mangé dans la journée — petit-déjeuner, déjeuner, dîner, encas — pour ne pas oublier de manger. L’appétit se dérègle souvent dans les périodes difficiles. Tu peux ajouter deux mots : ce qu’il y avait dans l’assiette, pourquoi peu ou beaucoup.

Alcool

Juste la quantité de la journée — ou le fait qu’il n’y en a pas eu. Il n’y a pas ici de compteur de jours sans alcool, et il n’y en aura pas : un chiffre qui retombe à zéro après une soirée difficile annonce un échec pile au moment où il reste le moins de forces. Les jours notés restent notés, rien ne s’additionne, donc rien ne peut retomber à zéro. Le sens est ailleurs : voir comment l’alcool pèse sur le sommeil et sur le lendemain — et dans le trouble bipolaire, c’est l’un des leviers les plus visibles.

Plus de détails sur l’état et le rythme

Si tu veux aller plus loin — ici, tu peux noter séparément le niveau de montée et de descente, et l’heure de tes activités habituelles. Plus la journée est régulière, plus l’état est stable. C’est facultatif : déplie quand tu en as envie.

Le compagnon (Parler)

C’est un bot IA, pas une personne et pas un thérapeute. Tu peux vider ton sac, lui demander une technique pour te calmer ou juste mettre de l’ordre dans ce qui se passe. Il connaît tes dernières entrées, donc il comprend le contexte. Il n’écrit jamais en premier et ne t’oblige à rien.

Fiche quotidienne (DBT)

Quand c’est vraiment la tempête — ici, tu peux noter les émotions et les impulsions (y compris l’envie de te faire du mal). Si c’est fort, l’appli propose tout de suite de l’aide.

Techniques

De courts exercices tirés de la DBT et des TCC, pour les moments difficiles — attendre que la vague passe plutôt que se battre contre elle à l’aveugle. Il y a aussi « Les gens et les conversations » : comment dire une chose difficile, comment refuser sans que ça tourne à la dispute, et quoi faire quand tu as le sentiment qu’on te rejette.

Plan de sécurité

Tes propres étapes et tes contacts en cas de crise. Le mieux est de le remplir à l’avance, dans un moment calme — pour ne pas avoir à réfléchir dans un moment difficile, juste à l’ouvrir.

De l’aide, maintenant

Le bouton « Aide » est sur chaque écran de l’appli. Un appui, et s’ouvrent les vrais numéros d’aide pour ton pays et quelques gestes pour tout de suite. Rien à remplir à l’avance, et rien n’est envoyé nulle part. Si tu lis ceci sans compte, le bouton d’aide est aussi sur cette page.

Signes avant-coureurs

Tes propres signes que l’état commence à glisser — pour t’en rendre compte avant que ça te submerge.

Une pause pour les mots

Pour l’heure où tu veux écrire quelque chose que tu ne pourras plus rattraper ensuite. Une dispute, « vu, sans réponse », le sentiment qu’on t’abandonne. Tu écris tout ce que tu veux dire, et tu ne l’envoies PAS. Tu choisis quand revenir : 20 minutes, une heure ou jusqu’au matin. Alors l’appli te le montre à nouveau et te demande : laisser tomber, le dire autrement ou l’envoyer toi-même. En général, il en reste la moitié, et elle est plus juste. L’appli n’envoie rien à personne — elle ne sait pas le faire. C’est juste un endroit où les mots attendent. Ouvrir avant l’heure, c’est toujours possible. Juste avant, tu verras une phrase — tes propres mots, écrits à l’avance pour toi.

Sur ces deux troubles

Huit courts chapitres sur ce qu’on sait vraiment du trouble bipolaire et du trouble de la personnalité borderline : où ça mène, ce qui s’éteint tout seul et ce qui reste longtemps, pourquoi un refus frappe si fort, pourquoi la montée passe presque toujours inaperçue. C’est de l’information générale sur les deux troubles, pas une conclusion sur toi — il n’y a pas un mot sur tes entrées dans ces textes, et l’appli ne les lit pas. Chaque chapitre se termine par une question qui en découle. Un appui, et elle est dans la liste pour le médecin, pour ne pas avoir à la reconstruire de zéro en consultation. Ça se lit une fois, un jour calme. Un mauvais jour, pas besoin d’y aller.

Argent

Deux choses simples. La première : tu peux mettre en pause ce que tu as envie d’acheter — pour une heure, six heures ou une journée. Quand le temps est écoulé, l’appli demande une fois : tu en as toujours envie ? Souvent, entre-temps, l’envie est passée toute seule. La deuxième : tu peux noter ce qui a été acheté, et le montant si tu veux. Alors tu vois où est parti l’argent sur les 30 derniers jours. Sans budget, sans « tu dépenses trop », sans rouge — juste une liste et une somme, pour ne pas avoir à deviner. Ce qu’il n’y a pas ici : l’appli ne voit pas ta carte et ne peut rien bloquer. La pause ne tient que parce que tu la tiens. C’est pour ça qu’il y a aussi les « mots pour toi » — une phrase que tu écris dans un moment calme et que tu vois au moment où tu veux retirer la pause avant l’heure. La retirer, c’est toujours possible — tu te reliras d’abord, c’est tout.

Quand tu reviens après une absence

Si tu n’as pas ouvert l’appli pendant quelques jours ou quelques semaines, elle ne te demandera pas de rattraper ce qui manque, et elle ne compte rien. Les jours manqués restent manqués. À la place, elle te montre ce que tu as noté sur tes signes avant-coureurs — les deux côtés, la montée et la descente, parce que sans entrées récentes l’appli n’a pas à décider lequel des deux c’est en ce moment. Cette carte apparaît une fois par absence, et tu peux la fermer.

Si quelque chose ne marche pas

Dans Profil, il y a un champ « Un bug ? » — écris-y, même en deux mots. L’appli ajoute uniquement les détails techniques : quel écran, la taille de la fenêtre, la langue, le navigateur et s’il y avait du réseau. Tes entrées, tes conversations, ton traitement et ta fiche DBT ne sont jamais joints. Si tu préfères par e-mail, l’adresse est juste à côté.

Rappels

L’appli peut te rappeler ton traitement à l’heure que tu choisis, et le jour de ta séance de thérapie. La notification ne mentionne jamais le nom du médicament — pour que les gens autour ne voient rien de trop sur l’écran de verrouillage. Ça s’active dans les Réglages, séparément sur chaque appareil : si tu l’actives sur l’ordinateur portable, rien n’arrivera sur le téléphone.

Petits rappels

Indépendamment du traitement, tu peux activer des messages discrets le soir : une invitation à noter la journée, une technique pour aujourd’hui, ou juste « sauter un jour, c’est normal aussi ». Pas plus d’un par jour. Ils ne reprochent jamais les jours manqués et ne comptent pas de séries — parce qu’on saute des jours justement quand c’est déjà difficile.

Sauter un jour, c’est normal. Ce n’est pas un examen, et personne ne t’évalue. Fais ce que tu peux aujourd’hui.

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